Rappelons que Mère Marie de Jésus fut, jeune fille, la première Zélatrice de la Garde d’Honneur du Sacré Cœur.
Extrait d’une Méditation du Père Lucchesi, Directeur Général de la Garde d’Honneur du Sacré Cœur, Heure de Présence au Cœur de Jésus. Cet extrait est tiré de son livre intitulé MARIE DE JÉSUS DELUIL MARTINY, paru dans la Collection PRIER 15 JOURS avec … NOUVELLE CITE.
Extraits………………………...
La vie en Dieu de Marie de Jésus repose sur une triple conviction.
Premièrement, le Bon Dieu nous a créés pour une existence impérissable comme l’exprime bien le livre de la Sagesse : « Car Dieu n’a pas fait la mort, il ne prend pas plaisir à la perte des vivants. Il a tout créé pour l’être ; les créatures du monde sont salutaires, en elles, il n’est aucun poison de mort, car l’Hadès ne règne pas sur la terre ; car la justice est immortelle » (Sg 1, 13-15)
La foi judéo chrétienne tient que lorsqu’une personne décède. Dieu ne peut pas en être la cause. Que serait la bonté divine, s’il voulait qu’un tel meure d’une maladie, de vieillesse ou d’un accident, et pire encore s’il prenait plaisir à cela ? Mais alors pourquoi la mort ? La suite du livre de la Sagesse nous le révèle. « Oui, Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité, il en fait un usage de sa propre nature ; et c’est par l’envie du diable que la mort est entrée dans le monde ; ils en font l’expérience, ceux qui lui appartiennent ! » ‘(Sg 2,23-24) Le diable dont l’action consiste à semer la mort moyennant la division en nous même, entre nous et avec Dieu, ne peut pas supporter que l’être humain soit porteur de l’empreinte divine qui le rend capable de rentrer en communication avec Dieu et de jouir de cette béatitude de vie.
Deuxièmement, Mère Marie de Jésus est convaincue que seule la générosité de Notre Seigneur Jésus Christ peut définitivement bouleverser la loi de la mort en la faisant exploser de l’intérieur par la puissance de la charité, selon l’admirable expression de l’apôtre Paul : »Lui, qui est riche, il est devenu pauvre à cause de vous, pour que vous deveniez riches par sa pauvreté (2 Co 8,9) La libéralité de notre Dieu est telle qu’en nous envoyant son Fils unique parmi nous, celui-ci ne retienne pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, prenant la condition d’esclave, s’humiliant dans l’obéissance à mourir sur une croix (Ph2 6-8). Du cœur de cette pauvreté extrême, l’Amour va dire son mot ultime : Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ! Ainsi, comme elle l’écrit, sommes-nous « les enfants de la Plaie du Coeur de Jésus… Mais le Sang et l’Eau ne vont pas sans plaie » (L 36).
Oui, Père, pardonne c'est-à-dire, donne par delà cette ignorance qu’est le voile du péché ; manifeste l’Amour dont la mesure est d’aimer sans mesure, et toi chrétien, vois s’il est plus grand amour que de donner sa propre vie pour ses amis ! C’est pourquoi, le crucifix avec le Crucifié restera toujours dans nos églises et à la croisée de nos chemins, le signe le plus admirable d’un tel mystère de puissance d’Amour ; non pas un signe d’un dolorisme macabre, mais le symbole de ce que seul l’anéantissement libre et amoureux pour réparer pour la plus grande gloire de Dieu.
Troisièmement, le salut opéré par l’unique médiateur entre Dieu et les hommes, l’homme Jésus, est l’œuvre même de Dieu « Je t’ai glorifié sur la terre, en menant à bonne fin l’œuvre que tu m’as donné de faire » (Jn 17,4) ; A partir de cette vérité évangélique, Marie est convaincue que la foi consiste à travailler à cette œuvre, en se conformant totalement et pleinement au Christ, selon ses propres paroles « ils lui dirent alors ‘Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? ‘ Jésus leur répondit « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en Celui qu’il a envoyé » (Jn 6 28s). La vierge Marie est la première à l’avoir intégralement vécue. C’est la raison pour laquelle en fondant les Filles du Cœur de Jésus, en 1873, à Berchem(Belgique), âgée de 32 ans, Marie de Jésus trouvera dans l’union des Cœurs de Jésus et de la Vierge, le modèle de la vie chrétienne, le modèle du sacerdoce marial, du sacerdoce baptismal.
Marie de Jésus trouvera dans l’Eucharistie et son adoration le lieu précieux qui l’animera avec ses Filles bien-aimées, jusqu’au bout du don total. Elle-même l’a vécu, lorsque cinq ans après avoir fondé le couvent de la Servianne à Marseille, et alors que le jardinier, anarchiste, lui tirera dessus à bout portant, elle tombera et mourra le 27 Février 1884, prononçant ses dernières paroles « Je lui pardonne … pour l’Œuvre… pour l’Œuvre… »
Que Marie de Jésus nous soutienne dans notre recherche de conformité à Notre Seigneur Jésus Christ.